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Le travail des femmes
Sciences Humaines 2005
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Depuis les années 1950, le taux d’activité des françaises n’a cessé de progresser. Il était de 45.7 % en 1965 et de 62.1% en 2002, pour l’ensemble des actives, et de 80% pour la tranche des 25-54 ans. Aujourd’hui les femmes représentent presque la moitié de la population active, mais elles ne sont pas les égales des hommes.
Selon les études, les écarts de salaire entre les sexes se situeraient entre 10 et 25%. De plus, précarité, instabilité, temps partiel sont le lot commun de nombre de femmes. « L’activité prospère mais à l’ombre du chômage », remarque Margaret Maruani. Il y aurait pour cette sociologue « une tolérance au chômage des femmes». Sa collègue Michèle Ferrand enfonce le clou : « Dans les représentations sociales dominantes, l’emploi des hommes reste prioritaire, les femmes étant toujours censées pouvoir se replier sur la famille ». Autrement dit, le salaire des femmes reste souvent considéré comme un salaire d’appoint.
Autre constat de M.Ferrand : « Si les femmes sont en moyenne plus diplômées que les hommes, elles occupent moins souvent un emploi au niveau supérieur, qu’il s’agisse d’emplois cadres ou d’emplois ouvriers qualifiés ». Elles butent contre « le plafond de verre » ou restent collées au « plancher gluant ». Dans le premier cas, elles accèdent moins fréquemment aux postes les plus élevés. Les recherches menées par la sociologue Jacqueline Laufer montrent qu’il y 7 % de femmes dans les équipes dirigeantes. Les critères d’avancement reposant sur la disponibilité totale et la mobilité géographique sont souvent incompatibles avec les impératifs de la vie de famille. Toutefois les femmes semblent ressentir davantage ces contraintes.
A l’autre extrémité de l’échelle socioprofessionnelle, les ouvrières sont pour moitié moins qualifiées et si, entre 1992 et 2002, le nombre d’ouvrières qualifiées a progressé davantage que celui des ouvriers qualifiés, il n’en demeure pas moins que les carrières des ouvrières sont très souvent bloquées, faute de bénéficier de formations continues. Du coup, les conditions de travail des ouvrières sont nettement plus défavorables que celles de leurs homologues : elles sont plus nombreuses à travailler à la chaîne, à n’avoir pas l’initiative de leur moment de pause, qu’elle soient qualifiées ou non, d’ailleurs comme le dit Maxime Patodi, l’ouvrière « n’est pas un ouvrier comme les autres. La société industrielle réserve à son genre certains secteurs, certains postes et certaines conditions de travail. »
Globalement donc, la société salariale réserve un sort moins favorable au « deuxième sexe ».
Sciences Humaines, octobre 2005.
